Combien coûte une journée de tournage vidéo en Suisse romande ?

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En Suisse romande, une journée de tournage vidéo se situe le plus souvent entre 800 et 3’000 francs hors taxes. Les sociétés de production qui publient leurs tarifs placent fréquemment la journée complète autour de 1’500 à 2’500 francs hors taxes lorsqu’elle comprend l’équipe technique, la caméra, la lumière et la direction de production. En dessous, vous financez généralement un prestataire seul avec un équipement léger. Au-dessus, vous entrez dans des dispositifs mobilisant plusieurs postes techniques.

Ce chiffre reste toutefois peu utile tant que vous ne savez pas ce qu’il recouvre, ni ce qu’il laisse de côté. Voici comment se construit réellement le budget d’un tournage, et sur quoi porter votre attention avant de signer.

Ce que recouvre vraiment une journée de tournage

Une journée de tournage désigne la mobilisation d’une équipe, de son matériel et de son temps de déplacement pour capter des images sur un ou plusieurs lieux. C’est une unité de facturation, pas une durée de captation.

Une journée n’est pas huit heures de caméra qui tourne

Dans la branche audiovisuelle suisse, la journée de travail sert de référence contractuelle. Les salaires indicatifs journaliers publiés par le Syndicat suisse film et vidéo se rapportent ainsi à neuf heures de travail. Le syndicat précise par ailleurs qu’aucun accord n’a été trouvé avec la branche pour les films publicitaires et de commande, ce qui explique en partie la dispersion des tarifs pratiqués sur le marché des vidéos d’entreprise.

Sur le terrain, ces heures se répartissent entre l’installation, les repérages de dernière minute, les réglages de lumière et de son, les prises elles-mêmes, les déplacements entre les lieux et le rangement. Sur une journée de neuf heures, il n’est pas rare que la caméra ne tourne effectivement que trois ou quatre heures. Ce n’est pas un défaut d’organisation : c’est la structure normale d’un tournage soigné.

Journée ou demi-journée : ce qui change réellement

Une demi-journée coûte rarement la moitié d’une journée. Le transport, le montage du matériel et la préparation restent identiques ; seul le temps de captation diminue. L’écart tourne plus souvent autour de 60 à 70 % du tarif journalier que de 50 %.

À l’inverse, regrouper plusieurs sujets sur une même journée fait chuter le coût unitaire. Filmer quatre témoignages clients d’affilée revient nettement moins cher que quatre demi-journées séparées, parce que vous ne payez qu’une fois l’installation et les trajets.

Les fourchettes de prix observées en Suisse romande

Ces ordres de grandeur correspondent aux tarifs communiqués publiquement par des prestataires romands en 2026. Ils varient selon le canton, la saison et la complexité du projet.

  • Prestataire seul, matériel léger : environ 800 à 1’500 francs hors taxes la journée. Adapté aux interviews en intérieur, aux contenus pour les réseaux sociaux et aux reportages d’événement.
  • Petite équipe de deux à trois personnes : environ 1’500 à 2’500 francs hors taxes. Le tarif intègre alors la caméra, l’éclairage, la prise de son dédiée et la direction de production.
  • Équipe étoffée avec postes spécialisés : à partir de 3’000 francs hors taxes, sans limite haute réelle. Chef opérateur, assistant caméra, ingénieur du son, machinerie, maquillage ou drone s’additionnent selon le scénario.

Ces montants concernent la seule journée de captation. La conception en amont et le montage en aval se facturent séparément dans la grande majorité des devis.

Les postes qui composent la facture

Comprendre la décomposition d’un devis vous permet d’arbitrer là où l’argent produit le plus d’effet.

  • La préparation : brief, concept, écriture, repérages, autorisations, planning. C’est le poste le plus rentable du projet, car un tournage mal préparé s’allonge et coûte plus cher.
  • L’équipe : le nombre de personnes présentes explique l’essentiel de l’écart entre deux devis à durée égale.
  • Le matériel : caméras, optiques, éclairage, micros-cravates ou perche, stabilisateur. Certains prestataires l’intègrent au tarif journalier, d’autres le facturent à part.
  • La post-production : comptez souvent entre 500 et 1’500 francs par journée de montage. Un film soigné demande fréquemment deux à trois jours de travail pour une journée de tournage.
  • Les éléments sonores : une piste musicale sous licence se situe généralement dans une plage de quelques dizaines à quelques centaines de francs selon l’étendue des droits ; une voix off professionnelle représente un poste distinct.
  • Les déclinaisons : chaque format supplémentaire, version courte verticale, sous-titrage ou traduction, ajoute du temps de montage.

Un repère utile : sur un projet corporate équilibré, le tournage pèse souvent moins de la moitié du budget total.

Les frais que l’on oublie de budgéter

Ce sont eux qui creusent l’écart entre le devis initial et la facture finale.

Les déplacements. La Suisse romande est étendue et les vallées allongent les trajets. Un tournage en station valaisanne au départ de l’arc lémanique mobilise l’équipe bien avant le premier plan, et l’hébergement devient parfois nécessaire.

Le drone. Les vues aériennes sont encadrées. La Suisse applique la réglementation européenne sur les drones, avec enregistrement de l’exploitant auprès de l’Office fédéral de l’aviation civile, formation et examen du télépilote, et assurance responsabilité civile d’au moins un million de francs pour les appareils de plus de 250 grammes. Certaines opérations relèvent d’une catégorie spécifique et nécessitent une autorisation. Un prestataire en règle facture cette compétence, et c’est légitime.

Les autorisations et les lieux. Filmer dans un lieu public, une gare ou un centre commercial suppose souvent une demande préalable auprès de la commune ou du gestionnaire du site. La location d’un espace privé s’ajoute au budget.

La TVA. Les tarifs de production sont presque toujours annoncés hors taxes. Le taux normal suisse s’élève à 8,1 % depuis le 1er janvier 2024, inchangé en 2026. Vérifiez systématiquement si le devis que vous comparez est exprimé HT ou TTC.

Un exemple chiffré, à titre d’illustration

Prenons un cas de figure théorique, construit pour montrer une logique de budget et non pour annoncer un prix. Une PME de la région fribourgeoise souhaite une vidéo de présentation de deux minutes, plus trois formats courts pour LinkedIn.

Le projet mobilise une demi-journée de préparation, une journée de tournage avec deux personnes sur site, deux journées de montage, une musique sous licence et un sous-titrage en français et en allemand. L’addition de ces postes place ce type de projet dans une plage située entre 4’000 et 7’000 francs hors taxes. Ajouter une seconde journée de tournage pour couvrir un deuxième site ferait mécaniquement grimper l’ensemble.

Comment comparer deux devis sans se tromper

Deux propositions séparées par 1’500 francs ne vendent presque jamais la même chose. Procédez dans cet ordre :

  1. Vérifiez le périmètre : la préparation, le montage, l’étalonnage et la musique sont-ils compris, ou facturés en supplément ?
  2. Comptez les livrables : un film unique ou une famille de formats adaptés à chaque canal de diffusion ?
  3. Regardez le nombre d’allers-retours inclus. Les corrections illimitées n’existent pas ; deux séries de retours constituent un standard courant.
  4. Clarifiez les droits d’usage : durée, territoires, supports. Un film destiné à une campagne publicitaire payante n’a pas le même statut qu’une vidéo publiée sur votre site.
  5. Demandez qui sera présent le jour du tournage, et avec quel matériel.

Ces critères valent pour la plupart des projets, mais un tournage impliquant des personnes identifiables, des locaux sensibles ou des données protégées mérite un cadrage juridique propre.

Les erreurs les plus fréquentes

  • Arriver au tournage sans message défini, ce qui transforme la journée en séance d’improvisation coûteuse.
  • Négliger le son, alors qu’un mauvais audio disqualifie une vidéo plus vite qu’une image imparfaite.
  • Prévoir le tournage sans budgéter le montage.
  • Multiplier les lieux sur une seule journée et perdre les heures utiles en trajets.
  • Commander cinq vidéos moyennes là où une seule, bien pensée, aurait servi vos objectifs.

Questions fréquentes

Peut-on réduire le coût en fournissant soi-même le lieu et les intervenants ?

Oui, et c’est souvent le levier le plus efficace. Un lieu disponible, des collaborateurs préparés et un planning respecté raccourcissent la journée sans rien retirer au résultat.

Faut-il une autorisation pour filmer dans l’espace public ?

Cela dépend de la commune, du dispositif installé et de l’emprise sur la voie publique. La règle varie d’un canton à l’autre : posez la question en amont plutôt que le matin du tournage.

Combien de vidéos peut-on tirer d’une seule journée ?

Avec une préparation sérieuse, trois à cinq séquences courtes sont réalistes. Au-delà, la fatigue de l’équipe et la baisse de qualité des prises rattrapent le gain budgétaire.

Les tarifs varient-ils selon la saison ?

En extérieur, oui. Les journées courtes de l’hiver réduisent la fenêtre de lumière naturelle exploitable et peuvent imposer un dispositif d’éclairage plus lourd.

Ce qu’il faut retenir

Une journée de tournage vidéo en Suisse romande coûte le plus souvent entre 800 et 3’000 francs hors taxes, mais ce montant ne représente qu’une partie du budget d’un film abouti. Le prix réel dépend de la taille de l’équipe, du matériel, des déplacements, du volume de montage et des droits d’usage. Un devis comparé poste par poste vous en apprendra toujours plus qu’un tarif journalier isolé.

Si vous préparez un projet vidéo, décrivez-nous vos objectifs, vos canaux de diffusion et vos contraintes de calendrier. Nous établirons ensemble un cadrage réaliste et un devis détaillé, sans engagement.

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Matteo Bonvin

CEO et Fondateur de MB Media Group

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